Si tu ne sais pas où tu vas…

27 06 2007

Depuis une semaine, certains de mes lecteurs francophones semblent un peu perdus. En effet, depuis le 21 juin – jour de la fête de la musique -, ce blog est devenu officiellement bilingue. Je réalise que je n’ai pas assez communiqué en français sur ce changement qui s’est avéré évident à mes yeux; non seulement parce qu’à l’heure de Google, de Youtube et de Myspace, les “bunkers” linguistiques n’ont plus vraiment cours. Mais également parce qu’ayant pris progressivement l’habitude de poster des vidéos en anglais ou en français – au même titre que les citations textuelles – j’ai considéré que le changement opéré entrait dans une certaine logique.

Cependant, pour des besoins de clarté et de “lecture graphique” du blog, une certaine convention visuelle s’est progressivement imposée à moi. Certains visiteurs / lecteurs ont déjà pris le pli. D’autres ne demandent qu’à en faire autant. Cette petite mise au point s’adresse donc à eux: en général, mes messages seront écrits dans les deux langues. Cela ne veut pas dire qu’il s’agira de traductions exactes d’une langue à l’autre. En fonction du sujet et de la familiarité des publics visés avec le thème traité, je développerais certaines idées dans une langue et pas dans l’autre. La convention à retenir pour la majorité des posts est celle-ci: pour les articles bilingues, je commencerai par la version anglaise, qui sera suivie par la version frenchie. Les deux versions seront séparées par un graphique ou un retrait à la ligne suivante.

Cependant, certains articles n’existeront qu’en une seule langue. Si c’est le français qui est retenu, l’article commencera directement en français sans aucun message d’alerte pour les anglophones. S’il s’agit en revanche d’un article en anglais, je prendrais soin de rajouter un très bref résumé à la fin, ou une notice pour dire que l’article sera traduit dans les jours qui suivent. Ayant vécu dans une vie antérieure à Bruxelles, j’ai pris l’habitude de ce système – dont vous verrez de plus en plus l’impact dans les titres mêmes. Voilà, voilà.

Mais pour ceux qui ne sauraient toujours pas d’où ils viennent…

… qu’il n’oublient pas d’où nous venons.

Je voudrais donc faire un petit commentaire sur cette question de la langue dans le cadre françafricain. Mon opinion est qu’une des causes du retard de l’Afrique francophone réside dans un certain enfermement dans ce qu’il est convenu la Francophonie. Qu’on le veuille ou non, une grande partie des oeuvres de l’esprit, du divertissement ou de la politique se fait en anglais. Ne pas avoir accès à ce vaste océan de connaissances, et continuer à barboter dans le marigot ff, est tout simplement une auto-limitation. Fin du message personnel, qui pourrait se conclure ainsi:

“Les remarques que je viens de faire ne peuvent paraître curieuses que si l’on fait l’impasse sur la prodigieuse expérience de clôture culturelle et intellectuelle dont la France a fait l’expérience au cours du dernier quart du XXe siècle. Ce reflux nationaliste a considérablement affaibli ses capacités de pensée ainsi que sa contribution aux débats sur le Monde à venir. Si la France veut peser d’un poids quelconque dans le monde qui vient, il lui faudra démolir le mur du narcissisme (politique, culturel et intellectuel) qu’elle a érigé autour d’elle – narcissisme dont on pourrait dire que l’impensé procède d’une forme d’« ethno-nationalisme racialisant”.

Et maintenant, pour finir sur une note tout en élégance et en douceur, je voudrais dire également que le choix de la date pour effectuer ce basculement vers le bilinguisme constitue un clin d’oeil à mon “alter écho” et néanmoins rédacteur en chef préféré – ThéO, dont c’était l’anniversaire justement le 21 juin! Il comprendra lui-même. J’en profite donc pour faire son prodada, vu qu’il a sorti un livre en rapport avec une partie de ce dont je parlais tantôt. Donc, joyeux anniversaire ThéO et bravo pour ton livre! Vous pourrez lire une présentation ici.

Et comme le hasard, quelque fois, fait bien les choses, je constate qu’une soirée télévisée a été consacrée au thème principal de son livre le 22 juin, le lendemain de ses 30 ans. Ceux qui l’ont manqué peuvent se rattrapper ici. Enfin, pour être tout à fait complet – en cette période où l’on parle beaucoup, et à juste titre, de “guerres des mémoires”-, il est bon de se rappeler ceci:

Post Scriptum: la seconde partie de l’article de David N’Goran sur le livre de ThéO vient d’être postée sur le blog de l’auteur. A lire, à méditer, à discuter.

PS (bis): Depuis le 21 juin dernier, jour où Pierre Assouline a posté son texte sur la mise en question politico-linguistique du concept de francophonie, les commentaires se multiplient sur son blog. A la date d’hier 27 juin, il y avait en tout jusqu’à 246 commentaires!


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