Du G7 au RPG7

30 06 2007

Sur le chemin irréversible de la paix… un RP-G7

Pour un résumé de la situation, commencer ici. Mais pour des analyses fines sur la couverture médiatique, il vaut mieux se reporter à Delugio et ThéO. A part ça, beaucoup de bla bla dans la presse ivoirienne. Quant aux médias français, ils tentent d’avaliser la thèse selon laquelle les responsables de l’attentat seraient en fait un groupe de rebelles opposés à Guillaume Soro. Mais à les lires, les principales caractéristiques des suspects ont plus à voir avec le catalogue de la Redoute qu’avec un traité de logique mathématique. Le portrait robot des coupables potentiel reste en effet très confus.

Mécontents politisés

Selon une thèse très en vogue, les tireurs seraient des rebelles mécontents du rapprochement entre Gbabgo et Soro – qu’ils considèrent comme un “traitre”. L’attentat aurait donc des motifs “politiques”, voire “idéologiques” (la défense de “idéaux” de la rébellion). Curieusement, pas un seul des tenants de cette idéologie – qui semble se limiter à l’arrêt du processus de paix actuel – n’est identifié. On nous refait le coup des commenditaires “mystérieux”. C’est follement romantique, ce mythe des révolutionnaires purs et durs qui veulent assassiner  – coupable d’avoir “trahi la cause”félon de 35 ans. Eh, les médias français: Yako!

Trafiquants enrichis

Mais ces mêmes suspects seraient également constitués de chefs de guerre qui se seraient enrichis depuis le début de la crise et qui voient donc d’un très mauvais oeil – forcément – le retour de l’administration dans la zone encore sous leur contrôle; du moins jusqu’au désarmement final, annoncé pour très bientôt. Cette fois-ci, les causes de l’attentat sont donc purement économiques. Les coupables seraient alors des criminels économiques, doublés d’assassins. Curieusement, les mots “criminels” et “assassins” ne sont jamais évoqués, comme ils ne le furent jamais lorsque la rébellion était présentée comme angélique. Et on se prend alors à ce demander quand diable ces doux agneaux se sont transformés en loups féroces prêts à s’occire les uns les autres à qui mieux-mieux. Encore un mystère.

A la solde d’IB ou d’ADO

Par ailleurs, les suspects – que personne n’a encore rencontré et que nul n’ose nommer seraient proches d’IB, voire de Ouattara. Dans la presse abidjanaise, notamment la presse bleue”, circule les noms des chefs de guerre Koné Zakaria et Chérif Ousmane, mais les médias hexagonaux font la source oreille. Quant à savoir si IB et Ouattara (les deux perdants de la promotion fulgurante de Soro en moins de cinq ans) furent jamais proches – par exemple comme un bravèché et son chauffeur, ou comme un caïd et son garde du corps – les médias français ne l’évoquent jamais. Nous ne savons donc pas à la lecture de cette presse “ancestrale” si les deux “parrains” des mécontents et des enrichis ont jamais été proches, brouillés, voire de nouveaux très proches.

Du G7 au RPG7 – les extrémistes de la gâchette, de la jaquette et de la quéquette

Cette question des rapports entre ADO et IB, ou entre RDR et PDCI, est importante, puisqu’elle permet de relativiser la différence entre “mécontents” politisés et criminels “enrichis”. Elle nous oblige à relire les évènement actuels à la lumière des tentatives faites depuis le 19 septembre 2002 pour déloger le Président actuel de son siège. Comme le rappelle ThéO dans son post, pendant longtemps le G7 fut l’arme favorite des commenditires de l’ombre. Pendant les évènements de novembre 2004, on était déjà passée à une autre échelle – principalement aérienne, consistant à bombarder l’aviation ivoirienne, puis des civils désarmés. Depuis l’Accord de Ouaga, il semble qu’on soit passé à une autre arme: le RPG7. Du G7 au RPG7, tout indique qu’il y a de tout dans la rébellion et que ceux qu’elle devait au départ porter au pouvoir (ADO + IB) s’accomodent fort bien des extrémistes de tout poil: les extrémistes adeptes des cheikhs islamistes, les extrémistes de la gâchette importé de l’ex-bloc communiste, les extrémistes du carnet de chèque capitaliste, les extrémistes de la jaquette et de la quéquette facile qui sont passs de pipi de caïman au caca des froussards, et qui n’en cesse pas moins de dégainer et de tirer à tout va. Mais toujours tapis dans l’ombre. Pour paraphraser un général français, devenu depuis célèbre sous nos tropiques, leur cri de raliement serait plutôt “ici l’ombre”. Ils ne sont donc plus les “guerriers de la lumière” parés de pouvoirs magiques qu’on nous vantaient à l’automne 2002.

Adepte des sources anomymes, cette presse qui se voudrait mondiale mais n’est qu’hexagonale, finit par enfourcher un cheval que nous ne connaissons que trop bien:

“Le plus probable est donc que les auteurs de l’attentat viennent des rangs rebelles. “Ce sont des desperados décidés, pour des raisons politiques ou financières, à faire capoter la normalisation du pays incarnée par Guillaume Soro”, estime un diplomate occidental.”

La piste RDR n’est donc jamais mentionnée dans ces médias qui préfèrent répéter que le processus va très mal et que cet attentat “jette un froid”. On aurait pourtant pu penser qu’une roquette est un engin plutôt chaud.

Quant à l’accord de Ouagadougou, il a subi hier un sérieux accroc. Les retards dans l’application du chronogramme établi dans la capitale burkinabé avaient amené les premiers nuages sur l’optimisme né de l’accord de paix; hier, c’est un véritable coup de tonnerre qui a frappé une Côte d’Ivoire qui, depuis mars dernier, croyait en avoir fini avec les actes de guerre.

Ils oublient juste qu’il fait très chaud à Babi et que les deux mois qui viennent seront une période de fête sans précédent. Manque de chance pour ces oiseaux de mauvaise augure, devenus soudain très “gloomy” depuis le 4 mars: non seulement mes sources abidjanaises, mais les médias ivoiriens dans leur ensemble, affirment que la situation sécuritaire reste calme, et que les maquis, les discothèque et les alocodromes sont ouverts – à Abidjan comme à Bouaké.

Le chemin parcouru

Il suffit en fait de se remémorer les objectifs tracés par le Président de la République il y a presque six mois pour se rendre compte du chemin parcouru en si peu de temps – surtout si on le compare aux acquis de la médiation française, de Marcoussis ou du GTI. Cette petite vidéo qui précède le début du dialogue direct indique clairement le contexte d’enlisement dans lequel on était alors. Et nous rappelle l’arrogance française:

Ce document devrait rafraîchir bien des mémoires, et surtout faire mentir ceux qui aimeraient que leurs rêves d’une paix “fragile” se réalisent dans un chaos sanglant qui ramenerait les pendules à l’heure française. Mais l’été, le décalage entre Abidjan reste heureusement de deux heures… dans le meilleur des cas. Voici donc la preuve par l’image que le mouvement actuel vient de loin, et qu’il y a peu de chance qu’il s’arrêtent en si bon chemin:

“le chemin irréversible de la paix“: c’est ainsi que les déçus du G7 sont passés au RPG7


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