Uranium: not so funky town!

5 08 2007

I watched this Areva commercial many times and didn’t read the name “Niger” once. I just learned that the French company gets 1/3 of its uranium from this poor African country that has finally decided to diversify the pool of clients. Areva’s 40 years of monopoly is ending… just like Françafrique. After the US, words like Niger and yellowcake are now “embarassing” France:

Niger’s President Mamadou Tandja said France’s Areva made payments to army deserters who joined a northern Tuareg-led rebellion, deepening accusations the uranium miner helped finance the uprising.

The president, speaking on national television late on Wednesday, also said it would renegotiate Areva’s pricing contract, which expires this year, so that the poor landlocked West African state could profit more.”

So, if you can’t get the Lipps Inc.’s Funky town track out of your brain, I suggest you replace it with this song by the Norwegian band Röyksopp. Remind me … pure air, clean energy.





Gutenberg’s helpdesk

4 08 2007

I just love this Norwegian video. It’s a joke McLuhan would enjoy, just like I do.





Timing

3 08 2007

En stratégie, le timing est presque tout. Les deux articles sur Gbagbo, publiés dans le Figaro et le Parisien, viennent le rappeler opportunément: quelques jours après la cérémonie officialisant la fin de la guerre dans son pays, et en pleine polémique sur le discours de Sarkozy à Dakar, le président ivoirien vient marquer sa victoire sur la France.

Quant à l’injonction qui sert de titre à l’article du Figaro – “Paris doit cesser de mettre son nez dans les affaires ivoiriennes” -, elle vient opportunément plus d’une semaine après la publication de l’interview de John Bolton. Ce dernier y rappelait son opposition à la manière dont la France s’est ingérée dans les affaires politiques ivoiriennes pendant la durée de son mandat d’ambassadeur des Etats-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU.

“Par bien des aspects, je pense que la France et les Européens en général se comportaient comme si la Côte d’Ivoire était encore une colonie. Ils administraient ses affaires, décidaient de qui devaient diriger le pays; en fait, ils décidaient des moindres aspects de la situation politique interne en Côte d’Ivoire.”

Gbabgo fait un clin d’oeil à Bolton en insistant sur le fait que Chirac lui «parlait comme à un sous-préfet français !».

Enfin, l’appel téléphonique de Sarkozy à Gbagbo a fait l’objet d’un communiqué aussi bien de l’Elysée à Paris que du Palais présidentiel à Abidjan. A ceux qui ne l’auraient pas encore compris, cet échange téléphonique indique dans quel sens souffle désormais le vent en Côte d’Ivoire, et qui est désormais maître du temps.

« Il faut cesser d’infantiliser les rapports entre la France et l’Afrique. L’époque d’Houphouët, de Bongo ou d’Eyadema, c’est fini. La France ne peut plus changer les chefs d’Etat africains qui ne lui conviennent pas. Elle ne doit plus mettre son nez dans les affaires de la Côte d’Ivoire ». Et Le Figaro de s’interroger : s’agit-il d’un avertissement à Nicolas Sarkozy qui vient d’effectuer une tournée en Afrique en évitant l’étape ivoirienne ? « Tout le monde est le bienvenu chez nous, mais sans poser de conditions préalables ».





Fela Anikulapo Kuti (1938-1997)

2 08 2007

An artist with a global appeal and a true Panafrican leader, Fela died 10 years ago. The BBC has a good piece that deals with some of his lyrics. People express what they think of the man here.

What are your memories of Fela Kuti?





L’ennemi intime (3): fin?

1 08 2007


Comme promis, voici la dernière partie de mon analyse sur L’Ennemi intime d’Ashis Nandy. ATTENTION: cette version est provisoire et sera revue de fond en comble d’ici ce soir.

Que reste-t-il du colonialisme aujourd’hui, et de quelle manière le confronter sans se laisser circonscrire à l’intérieur des limites fixées par la culture ambiante?

Ce qu’il reste du colonialisme

Principalement trois choses:

– des dividendes politiques, diplomatiques et militaires pour les anciennes puissances comme la france;

– une culture partagée qui fait la part belle au racisme et qui permet, notamment, à des fils d’immigrés venus d’Europe de l’est (Hongrie ou Pologne) de faire la leçon à des Antillais et des Africains qui ont une histoire plus longue avec la France, mais qui ne sont pas blancs;

– un renouvellement constant des stratégies pour adapter le colonialisme aux temps qui changent. Le dernier avatar étant l’alliance de la charité de masse, de la marchandisation du droit-de-l’hommisme et de la célébrité

Moyens et outils pour le combattre

– produire des recherches indiscutables et des écrits pertinents démontrant la permanence de ces dividendes et permettant de déconstruire les idées reçues sur la question;

– produire des images capables de déconstruire les mémoires et les imaginaires issues de cette histoire, tout en parlant du présent (ex: Kara Walker, Yinka Shonibare);

– produire des discours centrés sur l’actualité, mais faisant fi des catégories médiatiques – des sortes d’essais journalistiques comme celui du jeune romancier nigérian (ex: Uzodinma Iweala).

Dans les prochains jours, je reviendrai sur ces deux dernières approches dans des posts distincts. Pour l’heure, je vais me focaliser sur la production en matière conceptuelle et littéraire. Ceci m’amène en effet à prolonger la remarque de notre ami grioonaute au-delà de ce qu’il dit:

Il ne faut certainement pas rester scotché indéfiniment aux paroles de SARKOZY, prophète de la Rupture.

Cependant, pour nous qui sommes en France ou dont le sort est encore influencé par la France (et c’est malheureusement encore le cas d’une grande partie de l’Afrique francophone), les discours de SARKOZY sur l’Afrique ne peuvent être négligés.
(…)
Rien n’interdit effectivement de passer à autre chose.

Cette remarque invite à formuler la question suivante: puisque le colonialisme est vivant et même bien vivant (sous diverses apparences et avatars), sur quel terrain particulier le combattre? Plus précisément: puisqu’il survit en Métropole comme en la postcolonie – notamment sous la forme d’une culture et d’un immaginaire partagés – par où commencer et quel aspect privilégier? Et surtout, comment répondre (ou ignorer) des discours comme ceux de Sarkozy et ses inspirateurs contemporains – anciens néo-philosophes reconvertis en nouveaux négrologues (Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner, Stephen Smith et consors)? Ces interrogations légitimes m’amènent à faire le lien entre les penseurs d’hier (notamment Frantz Fanon, Edward Said, Ashis Nandy) et ceux d’aujourd’hui: je pense principalement à Achille Mbembe (qui vit aujourd’hui en Afrique du sud), ainsi qu’à son compatriote Théophile Kouamouo (qui réside depuis des années en Côte d’Ivoire).

La guerre cognitive ou l’occupation des espaces mentaux et des imaginaires

Je ne reviendrai pas ici sur la filliation Fanon-Said-Nandy. Les thèmes que j’ai évoqué dans mes deux précédents posts et dans celui-ci devraient suffire pour l’instant. En revanche, il me faut m’attarder quelque peu sur nos deux amis Camerounais. Je dois en effet à l’un comme à l’autre une dette intellectuelle que j’assume quotidiennement. C’est à ce lègue et à mes propres options stratégiques que j’aimerais consacrer la fin de ce tryptique. On comprendra alors mieux à la fois le panorama que je dresse des avatars actuels du colonialisme ainsi que les reproches que j’adresse à ce qu’il nous reste encore de panafricanisme (à savoir des miettes). C’est en effet ici qu’il convient d’élargir le cadre restreint de la critique médiatique pour se servir des notions de guerre cognitive et de guerre de l’information comme leviers privilégiés pour les combats en cours et à venir.